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Les Familles de Plantes

Les Orchidacées

Étymologie

Du Grec « Orchis » : testicule, en relation avec la forme de certains tubercules.

Actualité

Les Orchidées sont représentées par environ 30 000 espèces sauvages, ce qui représente un dixième des espèces végétales de la Planète.

Elles sont, en compagnie des Astéracées, les plantes les plus évoluées et les plus nombreuses des Phanérogames.

Les Orchidées peuplent aujourd’hui tous les continents du Globe, sauf les régions extrêmes comme les déserts arides ou les zones polaires.

Sur l’ensemble du Massif Jurassien, on recense aujourd’hui 62 espèces, sans compter les sous-espèces et 66 espèces en comptabilisant ces dernières.

À notre époque et dans le monde entier, les Orchidées sont en régression constante, les principales causes sont la modification du milieu, le ramassage sauvage des parties souterraines des ces plantes et la cueillette sauvage de leurs fleurs.

Attention ! ! ! De nombreuses espèces sont inscrites sur la liste rouge des espèces menacées en France : (Liparis loeselii).

Caractéristiques des Orchidacées

Les Orchidées sont des plantes vivaces chlorophylliennes ou non chlorophylliennes. Elles peuvent être saprophytes ou non. Elles possèdent des tubercules ou des rhizomes, aériens ou souterrains. Les Orchidées sont géophytes ou épiphytes.

Certaines Orchidées peuvent être aphylles, dans ce cas les feuilles ont été réduites à des écailles lors de l’évolution.

Quand les Orchidées portent des feuilles, celles-ci possèdent une phyllotaxie alterne-hélicoïdale ou opposée sur l’appareil caulinaire.

Les feuilles peuvent aussi être réunies en rosette à la base de la plante.

Fleurs des Orchidacées

Les inflorescences sont le plus souvent en grappe ou en épi.

Les fleurs, toujours zygomorphes et hermaphrodites, sont à structure particulière, caractéristique des Orchidées. Cette structure détermine l’appartenance d’une plante à la famille des Orchidacées.

Elles possèdent toutes des bractées qui peuvent être dans certains cas très réduites.

Le périgone est constitué de six tépales disposés en deux verticilles de trois tépales : un verticille interne et un verticille externe.

Le tépale externe médian est généralement le lus grand. Il se nomme : le labelle. Il est souvent conséquent, car il est dans de nombreux cas, adapté à l’atterrissage des insectes pollinisateurs.

Les fleurs sont quelquefois éperonnées.

L’ovaire infère, entame une torsion sur lui-même avant l’induction florale, ce phénomène se nomme la résupination.

La résupination est un caractère propre à toutes les Orchidées du monde sauf quelques exceptions. Lors de la résupination, le labelle qui est situé dans le haut à l’intérieur du bourgeon floral, va se retrouver dans le bas lors de l’induction florale. Il se produit une torsion de l’ovaire à 180°. Il existe de rares cas ou l’ovaire subit une torsion de 360° : (Liparis) et d’autres où il n’y a pas du tout de résupination : (Epipogium, Nigritella).

Le gynécée des fleurs d’Orchidées est constitué de trois stigmates, dont seulement deux sont fertiles et se sont soudés en une masse gélatineuse à la base du gynostème. Le troisième qui est le médian est généralement transformé en rostellum : excroissance empêchant l’auto-fécondation, située entre l’androcée et le gynécée.

Le rostellum est surmonté de deux rétinacles contenant une substance visqueuse qui colle les pollinies sur l’insecte pollinisateur.

L’androcée comporte trois étamines dont une seulement est fertile, parfois deux. L’étamine fertile est constituée de deux loges polliniques. cette étamine se situe au sommet du gynostème, avec à sa base les deux rétinacles.

Les Orchidacées et leurs subterfuges

Les fleurs des Orchidées possèdent différents types de leurres pour attirer les insectes :

  • Des leurres visuels :
    • Couleurs vives et attirantes pur les insectes pollinisateurs ;
    • Mimétisme d’insectes femelles d’hyménoptères ;
    • Mimétisme de certaines plantes afin d’attirer les insectes pollinisateurs des plantes copiées ;
    • Mimétisme de nids d’insectes.
  • Des leurres olfactifs par la production de phéromones d’insectes :
    • Mimétisme d’insectes femelles d’Hyménoptères ;
    • Mimétisme olfactif : Odeur de l’ennemi mortel pour une espèce spécifique ;
    • Mimétisme des couleurs de l’ennemi mortel pour une espèce spécifique.

L’ensemble des mécanismes ingénieux mis en place, permettent aux loges polliniques d’entrer en contact avec le dos de l’insecte pollinisateur et de s’y coller, lorsqu’il atterrit sur le labelle. Le transport du pollen est ainsi assuré.

Parfois, il existe des enzymes contenus dans le nectar des rétinacles. Ceux-ci peuvent favoriser une fermentation qui a pour but d’alcooliser les insectes pollinisateurs. Plusieurs hypothèses sur l’objectif de cette fermentation existent :

  • Défense contre les insectes herbivores ;
  • Rendre les insectes butineurs dépendants : afin d’augmenter le nombre de leur visites et les chances de reproduction ;
  • Éloigner les autres insectes pour assurer une pollinisation croisée.

L’auto-fécondation par autogamie ou cléistogamie, quand elle a lieu, se produit lorsqu’il n’y pas abondance d’insectes pollinisateurs.

L’autogamie peut-être à la base d’une spéciation et par conséquent : création d’une nouvelle espèce.

L’auto-fécondation accroît le nombre d’individus à l’intérieur d’une même espèce, mais diminue les migrations de gènes, ce qui appauvrit le matériel génétique.

Enfin l’autogamie permet aux plantes vivant à de très hautes altitudes ou dans des zones de forts vents, de ne pas dépendre d’insectes pollinisateurs et ainsi de coloniser des espaces pauvres en insectes.

Certaines espèces peuvent être apogames : Nigritella.

Fruits des Orchidacées

Le fruit est généralement une capsule possédant de nombreuses graines très petites, (on dit que ce sont les plus petites des graines de monocotylédones, environ : 0,5mm) qui sont démunies de réserves nutritives, ces faits compensent la rareté des échanges sexuels lors de la pollinisation croisée.

La plupart des nombreuses graines produites ne germent pas. Celles qui détiennent les conditions favorables pour germer ont besoin de l’intervention de champignons endophytes, souvent du Genre « Rhizoctonia » qui vivent dans de nombreux sols.

Même avec ce phénomène de symbiose véritable, lors de la germination la plupart des graines avortent. Une fois germées, certaines d’entre elles devront attendre jusqu’à cinq ans pour faire leurs premières fleurs. Les cueillir accélère dangereusement leur disparition ! ! !

Les hyphes fongiques du champignon vont pénétrer à l’intérieur de la graine et vont envahir l’embryon. À ce stade, l’embryon sécrète des substances fongiques qui vont lui permettre de contrôler l’infestation du champignon dans la graine. L’embryon profite des sucs produits par le champignon pour se nourrir et se transforme en protocorme : tubercule réduit.

Chez les Orchidées saprophytes, la symbiose perdure tout au long de la vie du végétal : (Neottia nidus avis, Limordum).

Commentaires sur les Orchidacées

On a longtemps cru que l’origine des Orchidées remontait à seulement 2 millions d’années, tout du moins cette hypothèse était fournie par les fossiles les plus anciens, découverts.

Mais les botanistes anciens étaient peu nombreux à adhérer à cette fatalité, ils ne pouvaient pas concevoir que les Orchidées aient pu conquérir toutes les régions du monde et de plus, créer autant d’adaptations particulières en si peu de temps.

L’hypothèse des botanistes de l’époque se révéla exacte, puisque plus tard, en Allemagne, on a découvert des fossiles d’Orchidées qui prouvent que leur origine remonte au moins à 15 millions d’années.

Ces fossiles prouvent aussi l’existence d’un climat tropical en Europe, il n’y a pas si longtemps en réalité. Il ne faut pas oublier qu’avec les mouvements tectoniques des plaques continentales notre continent a été plus au Sud par le passé.

La tendance actuelle tend à penser que les Orchidées existaient déjà au Tertiaire : il y a environ 30 millions d’années.

Ce qui se passe pour les Orchidacées dans notre Région

La Franche-Comté est le refuge de certaines Orchidées très rares en Europe.

En Suisse, toutes les Orchidées sont protégées.

En Franche Comté, plus particulièrement dans le Jura, certaines Orchidées font l’objet de suivis spéciaux :

  • Opérations de comptage avec prises de mesures individuelles : taille, nombre de feuilles, nombre de fleurons et appartenance à un groupe plus ou moins rapproché (Orchis Spitzelli). En 2006, un accord pour une une gestion forestière non destructive du site a été signé avec les intervenants concernés ;
  • Cartographie et comptage précis des stations, en carrés de 5 x 5 mètres (Spiranthe d’Été) ;
  • Protection technique contre des phénomènes qui pourraient les faire disparaître : création d’un ex-clos à l’intérieur d’une pâture pour éviter le piétinement par les animaux domestiques, (Anacamptis coriophora).
    • En 2003 : Une seule fleur trouvée ;
    • En 2004 : Une trentaine de fleurs trouvées ;
    • En 2005 : Une centaine de fleurs trouvées ;
    • En 2006 : Un peu moins d’une centaine de fleurs trouvées. D’autres spécimens ont été retrouvés dans une prairie avoisinante mais cette nouvelle station, plus petite, a été depuis enfouie sous un stockage, en plein champ, de fumier de bovins : une nouvelle pratique qui se répand au lieu de « s’épandre », sans doute, en raison du surcroît de ce sous-produit… La question reste posée… … …
    • 2012 : Éric Brugel : Coordinateur scientifique et technique pour la conservation au Conservatoire de Franche Comté a conduit, avec des bénévoles de la SHNC, une prospection des prairies inondables riveraines de l’Ain dans le secteur. Nous n'avons trouvé qu'une seule plante entre Crotenay et Montigny sur l’Ain (sur 4 km).
    • Il reste à étendre ces recherches jusqu’au Lac de Vouglans (environ 15 kilomètres).
    • 2014 : En raison d’un changement de méthode, cette station exceptionnelle a aujourd’hui disparu depuis 2 ans. D’autres spécimens ont été trouvés dans une prairie de fauche du bord de l’Ain, cette station nouvellement découverte semble se maintenir. De la première, il ne nous reste que les photos : notre première page de « nécro-botanique » est en projet… … …

Japon : Une singulière stratégie de reproduction

La Famille des Orchidacées sur notre site

Céphalanthère à feuilles longues ou Cephalanthera longifolia.

Céphalanthère pourpre, Cephalanthera rubra, etc.

Épipactis des marais, Helléborine à feuilles longues, Epipactis palustris, etc.

Épipogon sans feuilles, « Ghost orchid » en anglais : Orchidée fantôme, Epipogium aphyllum L., etc.

Herminium clandestin, Herminium à un tubercule, Orchis musc, Orchidée à odeur de miel, Herminium monorchis, etc.

Liparis de loesel, Malaxis de loesel, Liparis loeselii, etc.

Ophrys abeille, Ophrys apifera, etc.

Ophrys mouche, Ophrys insectifera, etc.

Orchis bouc, Bouquin, Satyre fétide et loroglosse, Himantoglossum hircinum L., etc.

Orchis bouffon, Couillon de chien, Couillon de renard, Petite Dame des prés, Monrion, Folle, Femelle, Orchis morio, etc.

Orchis mâle, Satirion pâle, Mâle fou, Coul au prêtres (Les Fourgs), Orchis mascula, etc.

Orchis militaire, Orchis guerrier, Orchis casqué, Orchis militaris, etc.

à deux feuilles, Orchis à deux feuilles, Orchis blanc, Double feuille, Platanthera bifolia, etc.

Racine de corail, Coralline, Corallorhiza trifida, etc.

Sabot de Vénus ou Cypripedium calceolus, etc.