Botanique Photo et Randonnées

Vous êtes sur : Nocueill.fr > Botanique >> Les plantes décrites par Nocueill >>> L’Aconit tue loup

Dernières pages

Chrono-biologie

Hasards 2014

Coronilla Coronata

Modifications

Botryche lunaire

En préparation

Limodore abortivum

Infos recherche
Botanique

L’Aconit tue loup

Règne Embranchement Classe Sous-Classe Ordre
Végétal Spermaphytes Angiospermes Dicotylédones Ranonculales
Famille Genre Espèce Floraison Taille
Renonculacées ACONITUM ACONITUM vulparia De juin à août De 50cm à 1,80m

Aconitum Vulparia. Inflorescence. Le lac Des Rouges Truites, le 20 juillet 2010. Photo : R. Cattenoz.

Noms populaires

Coqueluchon jaune, Étrangle loup, Herbe au loup, Cape de moine, Tue loup, Tue blaireau, Char de Vénus, Aconitum vulparia, etc.

Dans les environs de Chapelle des Bois on l’appelle d’une manière étonnante : l’Arche de Noé, Aconitum lycoctonum : est un nom latin ancien utilisé dans la flore d’Eugène Michalet.

Habitat

Mégaphorbaies, bois clairs, ravins, etc.

Description

Le Tue blaireau est une plante hémicryptopyte qui présente une tige dressée, pubescente généralement ramifiée et assez feuillée.

Cape de Moine. Le lac Des Rouges Truites, le 20 juillet 2010. Photo : R. Cattenoz.

Feuilles

Aconit tue loup. Aspect d’une feuille. Ney, dans la reculée se Vercul, le 29 avril 2012. Photo : R. Cattenoz.

Feuilles simples, palmatipartites (moins profondément découpées que chez l’Aconit napel et l’Aconit anthora).

Le limbe est divisé en cinq à sept parties, le plus souvent lancéolées et trilobées, ces trois lobes peuvent être aigus à obtus.

Fleurs

Aconit tue loup. Inflorescence rameuse. Ney, dans la reculée se Vercul, le 6 juillet 2010. Photo : R. Cattenoz.

Inflorescence en grappes plutôt lâches et rameuses.

Aconitum Vulparia. Fleuron. Ney, dans la reculée se Vercul, le 6 juillet 2010. Photo : R. Cattenoz.

Le Char de Vénus a des fleurs hermaphrodites et irrégulières dont un tépale, recouvrant les autres, donne à la fleur un aspect de bonnet phrygien commun aux autres espèces du Genre Aconitum (Napel et Anthora entre autres, présentes sur notre site).

Aconit tue loup. Fleuron presque ouvert : aspect de capuchon arqué en avant. Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

Périgone plus ou moins velu. Il a une forme de bonnet très allongé et étranglé vers le sommet montrant un aspect de capuchon parfois arqué en avant.

Sous ce tépale, il existe deux tépales grêles et allongés qui arborent un éperon sommital enroulé sur lui même (nectaires).

Aconit tue loup. Inflorescence. Ney, Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

On peut trouver des disparités entre les individus à l’intérieur de cette même espèce, surtout au niveau de la découpe des feuilles et de l’aspect des grappes de fleurs :

Il existe des fleurs anormales qui sont devenues régulières.

Fruits

AconitumTue loup. Fruits eh Trois folicules (verts). Ney, Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

Trois follicules ridés et le plus souvent glabres.

Arche de Noé. Fruts mûrs qui s’ouvrent pour libérer le graines Ney, Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

À maturité, ils deviennent brunâtre et s’ouvrent pour libérer leurs graines.

Char de Vénus. Fruits secs s’ouvrant pour libérer les garines. Ney, Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

Graines

Aconit tue loup. Graines recueillies sur une feuille de petasite, Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

Les graines sont, de couleur brunâtre, de forme ovale aplatie à surface d’aspect plissé. Elles mesurent environ 2 millimètres sur 3.

Aconit tue loup. Graine. Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

Présentation

C’est une plante sciaphile avec un optimum pour les stations à forte humidité atmosphérique.

Si l’Arche de Noé : appellation locale de Chapelle des Bois, est très présente sur le Massif du Jura, elle est tout de même assez peu représentée en France. On la rencontre surtout sur la façade Est.

Aconit tue loup. Une plante qui pousse en grandes colonies. Le lac Des Rouges Truites, le 20 juillet 2010. Photo : R. Cattenoz.

L’Herbe au loup préfère la montagne, on la rencontre jusqu’à 2 300 mètres d’altitude, elle peuple le Jura, Les Vosges, la Côte d’Or, le Massif Central, les Corbières et les Pyrénées.

En général, elle est pésente dès 300 mètres d’altitude alors que dans le Massif Central on la trouve seulement à partir de 1 000 mètres jusqu’à 1 800 mètres d’altitude.

Herbe au loup. Ney, dans la reculée se Vercul, le 6 juillet 2010. Photo : Roland Cattenoz.

Elle est protégée au niveau régional dans le Limousin et Poitou-Charentes.

Les stations de l’Étage collinéen seraient à protéger par le maintien des peuplements feuillus.

étrangle loup. Fleuron.  Ney, dans la reculée se Vercul, le 6 juillet 2010. Photo : R. Cattenoz.

Jean François Prost la note comme commune dans les bois de toute la Région au dessus de 600 mètres d’altitude.

Par contre elle descend à 300 mètres d’altitude à Silley dans le Doubs, Beaume les Mes­sieurs et à 250 mètres d’altitude dans la Cluse de Pierre Chatel dans l’Ain.

Aconitum lycoctonum. Extrait de la flore d’Eugène Michalet 1864.
Le commentaire d’Eugène Michalet (Fin IXXe siècle).

Elle est absente de la plaine et de la Bresse, comme le signalait déjà Eugène Michalet dans sa flore de 1864.

En Europe elle est signalée un peu partout sauf dans les îles Britanniques et les régions méditer­ranéennes.

Dans le reste du monde, elle habite la Sibérie, les montagnes de l’Inde, le Caucase et les hautes régions du Maroc.

Tue blaireau. Inflorescence en boutons. Ney, dans la reculée se Vercul, le 6 juillet 2010. Photo : R. Cattenoz.

Anomalies signalées

On distingue parfois des individus aux fleurs devenues régulières.

Racine du nom

Du Grec :

L’Aconit tue loup :
son Histoire en Histoires

Tue loup. Ney, Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

Autrefois la Cape de moine à été utilisée pour fabriquer des boulettes de viande empoi­sonnées afin de détruire Loups et Renards.

On répandait aussi de l’Aconit tue loup sur le corps de charognes qui constituaient des appâts pour anéantir les carnassiers.

Cape de Moine. Visitée par un bourdon qui n’a pas encore percé la Corolle pour prélever le nectar. Ney, dans la reculée se Vercul, le 6 juillet 2010. Photo : R. Cattenoz.

Dès les temps préhistoriques on trempait les pointes de flèches dans du suc du Coque­luchon jaune pour empoisonner l’ennemi (les autres espèces du Genre Aconitum étaient aussi utilisées dans le même but…).

Il faut, à l’instar des autres plantes du Genre Aconitum, se méfier de cette grande et majes­tueuse plante car sa toxicité est connue depuis des lustres. Elle contient toute une série d’alca­loïdes parmi lesquels : la lycanonitine et l’aconitine.

Aconitum Vulparia.aspect de la plante au printemps. Ney, Reculée de Vercul, le 2 septembre 2012. Photo : R. Cattenoz.

Elle est aussi très toxique pour le bétail.

Ses belles fleurs jaunes en forme de bonnet phrygien ne peuvent théoriquement être fécon­dées que par des insectes à longue trompe, mais les Bourdons, trop gros pour entrer dans les fleurs, ont réussi à détourner la règle en perforant la corolle afin d’en prélever facilement le nectar, les Abeilles, moins audacieuses mais plus patientes, savent ensuite profiter de l’aubaine.