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LIPARIS de Loesel L.

Règne Embranchement Classe Sous-Classe Ordre
Végétal Spermaphytes Angiospermes Monocotylédones Orchidales
Famille Genre Espèce Floraison Taille
Orchidacées LIPARIS LIPARIS Loeselii L. De mai à juillet De 5 à 20 cm

LIparis de loesel. Photo : roland cattenoz

Noms populaires

Liparis de Loesel, Liparis Loeselii L. ou Malaxis de Loesel.

Habitat

On trouve le Liparis de Loesel dans des milieux très divers, tels que : bas-marais, abords des dunes, tourbières en Corse, etc.

Altitude : du niveau de la mer jusqu’à 1 000 mètres.

Description

Plante vivace, hémicryptophyte à pseudo-bulbes. Un pseudo-bulbe ne nourrit la plante que pour une floraison et donne naissance à sa base à un autre plus jeune pour la floraison suivante.

Liparis Loeselii. Grange Narboz. Doubs. Photo : Roland Cattenoz
Liparis de Loesel : photo prise à l’occasion d’un comptage avec la SBFC : dans les zones humides du bassin du Drugeon à Granges Narboz Doubs. Le 25 juin 2013.

Plante glabre d’apparence jaune verdâtre.

Tige unique, très courte et renflée en pseudo-bulbe, en position basale, juste au dessus du collet : c’est le «garde-manger» de la plante.

Seulement deux feuilles basales luisantes. Elles sont plutôt épaisses et lancéolées.

Le pédoncule solitaire de l’inflorescence émerge entre les deux feuilles basilaires. Il est an­guleux dans l’inflorescence.

Fleurs

Malaxis de Loesel. Inflorescence. Grange Narboz. Doubs. Photo : roland cattenoz

LIparis de loesel. Photo : roland cattenoz

Fleurs sans éperon. Six tépales constitués :

LIparis de loesel. Photo : roland cattenoz

Le labelle est ondulé et crénelé.

Gynostème dressé, offert et incliné en avant.

Présentation

Tous les ingrédients sont réunis chez cette plante pour séduire les botanistes amateurs et professionnels.

Déjà, le Liparis appartient à la famille mythique des Orchidacées, ensuite, l’originalité de ses caractéristiques, sa discrétion, sa rareté et vulnérabilité finissent par compléter le tableau.

Le Genre auquel il appartient comprend environ 400 espèces réparties de par le monde, dont le Liparis de loesel est le seul représentant en Europe.

Liparis Loeselii. fleuron. Grange Narboz. Doubs. Photo : roland cattenoz

Il est protégé au niveau mondial et Européen. En France, son nom est inscrit sur la liste rouge des espèces à protéger avec une mention espèce en voie de disparition. Le bastion de l’espèce en Europe semble être notre magnifique pays.

Dans le monde, on le rencontre en Amérique du Nord  (Étafs Unis et Canada), Europe Occidentale et en Asie Centrale.

En Europe, plusieurs pays l’abritent dont beaucoup sont Nordiques:  Norvège, Dane­mark, Suède, Finlande, Pologne, Hollande, Russie, Grande-Bretagne, Belgique, Luxem­bourg, Alle­magne, Suisse, Autriche, Hongrie, Tchéco­slovaquie, Rou­manie, Italie et Albanie.

Sa limite Nord passe par le milieu de l’Angleterre et s’étend au Sud jusqu’à l’Espagne où les stations deviennent de plus en plus isolées.

Sur le territoire Français, elle demeure toujours rare, même si elle peut encore former, en certains endroits, de grandes colonies.

Deux groupes sortent du lot :

Liparis Loeselii. fleurs. Grange Narboz. Doubs. Photo : roland cattenoz

Les régions habitées sont : le Nord pas de Calais, Picardie, Basse et Haute Normandie, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Rhône-Alpes, Franche-Comté, Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne et Corse. La raréfaction du Liparis est attestée dans le Pays de la Loire…

La Franche-Comté héberge une quinzaine de stations existantes, ce qui fait du Massif Jurassien un refuge national pour l’espèce.

Pour le Doubs, c’est la gigantesque zone humide de la Vallée du Drugeon qui remporte la palme de la pus grosse population.

Pour le département du Jura, les bas-marais de la zone des Quatre Lacs n’en finissent pas de dévoiler leurs secrets. Ces bastions sont localisés tous deux au dessus de 500 mètres d’altitude.

Info de dernière minute

Dans le cadre de Natura 2000 et en collaboration avec le CEN, l’expérience de pâturage des zones humides s’est poursuivie avec succès cette année.
Une nouvelle station de Liparis de Loesel (orchidée protégée au niveau européen) y a été découverte récemment, ce serait la plus importante de Franche Comté.
Source : Christian Monneret (Conservateur de la Zone des quatres lacs et animateur de l’Espace botanique du Frasnois).

Tous les habitats de plaine ont aujourd’hui disparu.

Au milieu du XIXe sciècle, Charles Grenier et Eugène Michalet  l’annonçaient dans la Bresse Jurassienne autour de Chaussin et Pleure comme par exemple au marais du Mou du Pleure. Le second botaniste nous informe déjà du déclin pour les deux localités de la région de Pleure. En 1850, ce dernier le note abondant puis vu en moins grande quantité les années suivantes.

Vers 1900, Antoine Magnin fait la première découverte d’une localité montagnarde à Cut­tura (près de Saint Lupicin).

Dans les années 1970, Jean François Prost découvre le Liparis autour du Lac du Lautrey à Bonlieu, mais aussi et surtout les premières colonies de la vallée du Drugeon qui concentraient en 2000 près du tiers de la population Française.

Depuis le début des années 2000, une population a été dénichée autour des Lacs du Maclu. Les comptages exécutés en 2013 dans plusieurs stations se sont révélés très satisfaisants. La plante est encore à rechercher dans ces milieux…

Liparis Loeselii. Grange Narboz. Doubs. Photo : roland cattenoz

Jean François Prost donne des informations dans le Pays Gessien à Divonne, Thoiry, Pougny et dans le Bas Bugey.

Selon Charles Grenier (1865), on peut le rencontrer dans le Marais de Bossey sous le Salève.

En Suisse, l’espèce existe, (exemple : rives Sud du Lac de Neuchatel) mais elle est aussi consi­dérée en constante régression.

Les Cantons de Genève, Vaud, Fribourg et Neuchatel accueillent l’espèce.

Une recherche pas toujours simple

Mais conservons dans un coin de la tête l’idée qu’une caractéristique du Malaxis de Loesel complique encore plus sa recherche. En effet, notre Liparis est une plante dite «à éclipse» : elle peut apparaître ou disparaître en fonction des années.

Ményanthe. Photo : roland cattenoz
Fleurs de Ményanthe ou Trèfle d’eau voisinant avec le Liparis.
Les Quatre Lacs. Jura, juillet 2013

Un petit truc : pour le dénicher plus facilement, il faut regarder dans les populations de Menyanthes (trèfles d’eau).

Elle peut-être considérée comme une «bimodale» au niveau des substrats sur lesquels elle se développe. Sur toute la France, la palette des milieux fréquentés est large :

Néanmoins, on observe des points communs à l’ensemble des habitats. Généralement, se sont des sols pauvres, tous détenteurs d’une bonne réserve en eau.

Le Liparis possède un caractère pionnier et à ce titre, craint la fermeture naturelle de ses milieux (avancée des Joncs et embroussaillement), cause principale de sa régression générale. L’abandon du pâturage extensif, du fauchage et de l’exploitation de la tourbe nuisent à son avenir.

D’autres phénomènes comme le drainage des zones humides, l’eutrophisation de ses mileux de vie lui sont néfastes. Les mesures de conservation (pâturages de bovins et poneys) mises en place dans le bassin du Drugeon et et aux Quatre Lacs donnent apparemment des résultats positifs.

Le Liparis de Loesel : la racine de son nom

LIparis de loesel. Photo : roland cattenoz

Du Grec : Liparos : luisant. Allusion à l’aspect des feuilles.

Plante dédiée à Johann Loesel (1607-1655), Professeur de médecine et Botaniste, auteur d’une fleur de Prusse.

Le Liparis de Loesel : son Histoire en Histoires

LIparis de loesel. Photo : roland cattenoz

Certains botanistes  considèrent le Liparis comme un véritable épiphyte (très rares en France) puisque ses pseudo-bulbes reposent sur d’autres végétaux ou sont peu enfouis dans le matelas végétal.  Les nids de sphaignes des tourbières corses (Moltifao) illustrent bien ce phénomène.

Pendant la mauvaise saison, les graines utilisent l’eau dont regorgent les zones humides pour flotter et voyager vers d’autres destinations c’est : l’hydrochorie.

Cette Orchidée utilise une subtilité intéressante pour assurer sa germination. Elle forme une symbiose avec un champignon qui pénètre à l’intérieur de la graine. On peut observer un amas globuleux : le protocorme. Une entraide mutuelle se met en place entre les deux êtres au niveau de leur nutrition.