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Le Gralet

Un refuge des Monts Jura

Le Gralet est un refuge non gardé, mais il est possible de le réserver à la Mairie de Péron.

Renseignements : autres possibilités

Par courrier électronique ou à l’adresse :  pmlaurent@wanadoo.fr  si votre logiciel de messagerie ne se lance pas automatiquement, avec 1 Click-droit, copiez l’adresse du lien dans votre presse-papier.

Pendant les congés scolaires, laissez votre message sur le n° :  (+33) 06 77 53 70 57 , on vous retournera une attestation, signée, validant ainsi votre «réservation». Cette procédure est obligatoire si vous êtes en groupe.

Le refuge est ouvert à tout le monde, la nuitée est de 5,00 € pour les adultes et 3,00 € pour les adolescents. Il est possible de consulter le calendrier des réservations sur le site de la commune de Péron, via l’onglet Mairie et le menu : chalet.

Photo du Galet

Histoire

L’origine de la bâtisse, longue de 33 mètres, remonte à 1834. Mais au XVIIIe siècle, il existe déjà des chalets d’alpage à la Poutouille et au Gralet. Ils ont récemment subi des améliorations de la toiture, vieille de près de deux siècles. Ces deux refuges sont maintenant munis d’une citerne pour récolter l’eau de pluie.

C’est en 1989 que la Commune de Péron (Ain) a décidé de la rénovation des bâtiments de la Poutouille et du Gralet.

Pour le Gralet, les objectifs de la manœuvre sont de conserver la charpente existante notamment de superbes arbalétriers sur poinçon, âgés de plus de 150 ans, pièces essentielles du patrimoine communal qui étaient menacées par l’affaissement des murs.

Aujourd’hui

C’est un refuge, mais avec sa bergerie et son étable. Le pastoralisme, rythmé par les saisons et la transhumance, était la vocation première du Gralet.

Photo du Galet

Depuis cette résurrection, la ferme du Gralet possède maintenant deux vocations :

Officialisée en 1991, l’Association AG3 présidée par Mr Laurent s’occupe bénévolement de l’entretien du refuge grâce à l’argent offert par les utilisateurs. Pour se faire, les membres d’AG3 y grimpent deux fois par an pour effectuer les gros nettoyages et ravitailler en bois : 8 stères par an, scié, fendu et sec. Merci Messieurs ! ! !.

Autrement, le refuge actuel est situé aux abords de l’ancien chemin des Chezerands (habitants de Chezery) qui permettait à l’époque de connecter le Pays de Gex avec la Vallée de la Valserine. Plus récemment, à partir du XIXe siècle et peut-être même avant, les alentours de la ferme ont certainement vu passer des générations de contrebandiers et de douaniers des deux pays.

Photo du Galet

On ne peut pas rejoindre le refuge en voiture et c’est tant mieux !

Les coordonnées du Gralet (UTM) :

Comptez environ une heure de votre journée sur vos jambes et vous replongerez un peu plus au cœur de cette nature pour préparer votre nuitée en attendant la veillée et pourquoi pas une balade nocturne en prenant soin de bien se repérer…

L’inventaire du Gralet

L’étage du Galet

L’étage du Galet

Une petite histoire : Le Jura périplé

 

Août 1983 : L’étape du Gralet

Lors d’une itinérance sur le sentier de grande randonnée GR 5, nous avons eu la chance de rencontrer le Berger et la personne qui l’aidait à ce poste du Gralet, dans des circonstances particulières.

À l’époque, la vocation du Gralet était encore uniquement de gérer un troupeau d’une centaine de génisses en estive. La fonction refuge n’existait pas encore. Nous avons eu, malgré tout, le privilège de passer la nuit dans la grange.

Les bêtes, dont s’occupait le Berger, avaient brisé une barrière en barbelé, pour rechercher de l’eau : leur abreuvoir ayant été savonné par des «randonneurs indélicats» ; ce qui rendait l’eau imbuvable pour le bétail et la journée avait été très chaude.

Connaissant de longtemps comment on rappelle et conduit ces «bestioles», nous l’avons aidé à récupérer son bétail et à remettre l’abreuvoir en état, ce dernier, proche de la ferme, lui permettait de compter et contrôler les génisses à chaque fois qu’elles venaient y boire. S’il en manquait, il fallait partir les rechercher quelque soit le temps, ou l’heure

Après un peu de bois fendu, le verre de l’amitié a précédé le casse-croûte soupatoire. Le berger nous a ensuite proposé spontanément de coucher dans la grange.

Il n’avait pas pour habitude de le faire, à cause du risque d’incendie de la paille et du foin en stock pour d’éventuels bovins malades séjournant à l’étable à l’abri des Mouches et des Taons. Il se doutait le la météo, nous ne l’avons su que le lendemain matin : il ne voulait pas nous laisser passer la même nuit que le groupe qui avait provoqué la fuite de son troupeau : leurs affaires ont été copieusement rincées ainsi que l’abreuvoir des bovidés…

Vers 23h00 nous avons eu droit à l’arrivée d’un violent orage nocturne avec trois longues heures de vent, d’éclairs, de grosses pluies et de grêle au point que le bruit du tonnerre ne nous permettait pas de se parler. Cependant, sur le massif, dans une grange sans fenêtre on se trouve aux premières loges pour un concert de «Musique Électro-Acoustique Naturelle» magnifique et inoubliable, de même que le contraste avec le retour au calme qui suit. Quand on est à l’abri, une telle nuitée en altitude reste sans pareille.

Précaution : si vous dormez sous tente, il vaut mieux vous munir d’une vraie bâche en plastique pour protéger votre tente si un tel temps vous surprend. Aujourd’hui, heureusement, le téléphone permet de mieux suivre la météo pour anticiper de tels épisodes et le Gralet est ouvert à tous.

En revanche par beau temps, après le coucher du soleil qui peut être flamboyant, les débuts de nuit et un peu plus loin, les levers de soleil, sont sublimes pour les yeux, les oreilles et nos appareils photo…

Le lendemain matin nous avons eu droit à un petit déjeuner copieux et roboratif avant de repartir vers Bellegarde… D’où le retour par le train (c’est une autre histoire…) devait terminer ce périple pédestre d’une semaine qui avait commencé aux Rousses.

Si les randonneurs passant par le Gralet sont corrects, ce qui n’a pas toujours été le cas selon les endroits… De tels refuges peuvent avoir à l’avenir et de «longs et loyaux services» à rendre encore, surtout si l’on respecte aussi ces parcours pleins de très beaux paysages, d’Histoire, de petites histoires et d’épisodes surprises qui rendent notre massif si particulier de par les personnes qu’on y peut rencontrer.

À très bientôt sur un de ces sentiers ou pour un nouvel épisode du «Jura périplé»…

Roland Cattenoz